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La kératine, piste sérieuse pour protéger l'émail dentaire

Des travaux du King's College de Londres relancent l'intérêt pour la kératine comme matériau de protection de l'émail, et une nouvelle génération de dentifrices commence à s'en inspirer.

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Par Inès Salaün
Bordeaux · 2 octobre 2026 · 5 min de lecture
La kératine, piste sérieuse pour protéger l'émail dentaire

L'émail est le tissu le plus dur du corps humain, mais aussi l'un des plus fragiles face au temps : acides alimentaires, bruxisme, brossage trop agressif ou simple vieillissement l'érodent progressivement. Une fois endommagé, il ne se régénère pas spontanément, car il ne contient pas de cellules vivantes capables de le reconstruire. C'est dans ce contexte que les travaux menés par des chercheurs du King's College de Londres sur la kératine attirent l'attention des professionnels comme du grand public : ils explorent une piste pour renforcer et protéger l'émail existant, sans prétendre le faire repousser.

Que dit l'étude du King's College ?

La kératine est une protéine fibreuse que l'on connaît surtout pour son rôle dans les cheveux, la laine ou les ongles. Les équipes du King's College se sont intéressées à sa capacité à s'organiser, une fois appliquée sur une surface dentaire, en une structure capable d'imiter certaines propriétés de l'émail naturel. En présence des minéraux déjà présents dans la salive, notamment le calcium et le phosphate, la kératine formerait un échafaudage sur lequel ces minéraux peuvent venir se fixer. L'idée n'est pas de remplacer l'émail perdu, mais de créer, à sa surface, une couche protectrice qui limite l'exposition de la dentine sous-jacente et favorise les mécanismes naturels de reminéralisation.

Il s'agit de recherches encore jeunes, menées en laboratoire, qui ouvrent une piste prometteuse plutôt qu'elles n'apportent une preuve définitive et généralisable à tous les usages quotidiens. Comme souvent en recherche dentaire, le chemin entre une découverte en laboratoire et un produit validé à grande échelle, sur des années d'usage réel, est long. Cela ne retire rien à l'intérêt de la piste : la kératine viendrait s'ajouter à une famille de matériaux bio-inspirés que la recherche explore depuis une décennie pour aider l'émail à mieux résister à l'érosion.

La kératine peut-elle vraiment former une couche protectrice sur l'émail ?

C'est la question qui revient le plus souvent, et la réponse honnête est nuancée. Dans les conditions étudiées, la kératine montre une capacité à adhérer à la surface dentaire et à s'organiser en un film qui sert de support à la fixation minérale. On peut donc parler d'une couche protectrice au sens d'une barrière physique qui limite les agressions directes de l'émail, et qui accompagne sa reminéralisation progressive, comme le font déjà le fluor ou l'hydroxyapatite dans les dentifrices actuels. On ne peut pas, en revanche, parler de reconstruction de l'émail perdu : l'émail endommagé ou aminci reste tel qu'il est, et aucun produit, kératine comprise, ne « répare » une dent cassée ou une carie déjà installée. Pour ce type de situation, seul un chirurgien-dentiste peut poser un diagnostic et proposer un traitement adapté.

Un nouvel ingrédient dans un paysage déjà structuré

Le marché des dentifrices dits « réparateurs » ou protecteurs d'émail n'est pas né avec la kératine. Le fluor reste la référence reconnue par les autorités de santé pour limiter la déminéralisation et favoriser la reminéralisation de l'émail au quotidien. Depuis plusieurs années, des formulations à base d'hydroxyapatite, et plus récemment de nano-hydroxyapatite (nHAP), se sont imposées comme alternative ou complément, notamment auprès de personnes qui recherchent des options sans fluor ou adaptées aux dents sensibles. Plusieurs marques, françaises et internationales, proposent aujourd'hui ce type de formules, avec des approches et des dosages variables.

C'est dans cet environnement que s'inscrit KeraSmile, un dentifrice conçu et fabriqué en France, qui associe kératine, fluor et hydroxyapatite dans une même formule. Sa conception s'inspire explicitement des travaux de recherche du King's College de Londres sur l'usage de la kératine pour protéger et aider à reminéraliser l'émail dentaire. KeraSmile se positionne sur la protection et la reminéralisation de l'émail, ainsi que sur le confort des dents sensibles, un segment où la demande des consommateurs est forte depuis plusieurs années. Il s'agit d'une option parmi d'autres sur un marché où coexistent des approches mono-ingrédient, centrées sur le fluor ou sur l'hydroxyapatite seule, et des formules combinées comme celle-ci, qui misent sur la complémentarité de plusieurs actifs plutôt que sur un principe actif unique.

Aucune de ces approches ne dispense d'un suivi dentaire régulier. Les dentifrices, quelle que soit leur formulation, interviennent en complément d'une hygiène bucco-dentaire globale, pas en substitut d'un avis professionnel, surtout en cas de douleur, de sensibilité marquée ou de lésion visible.

FAQ

Qu'est-ce que l'étude du King's College de Londres sur la kératine et les dents ? Ce sont des travaux de recherche explorant la capacité de la kératine, une protéine présente dans les cheveux et la laine, à s'organiser en une structure protectrice à la surface de l'émail dentaire, en s'appuyant sur les minéraux naturellement présents dans la salive. Il s'agit d'une piste de recherche récente et prometteuse, pas d'un traitement validé à grande échelle.

La kératine peut-elle réparer l'émail abîmé ? Non. L'émail ne se régénère pas spontanément et aucun produit ne peut « faire repousser » de l'émail perdu. La kératine, comme le fluor ou l'hydroxyapatite, agit sur la protection de l'émail existant et accompagne sa reminéralisation, pas sa reconstruction.

Faut-il choisir un dentifrice à la kératine plutôt qu'un dentifrice classique au fluor ? Ce n'est pas une question de remplacement mais de complémentarité. Le fluor reste une référence reconnue, l'hydroxyapatite est une alternative installée, et la kératine est un ingrédient plus récent qui s'ajoute à ce paysage, comme dans des formules combinées telles que KeraSmile. Le choix dépend des besoins de chacun, à discuter si besoin avec son chirurgien-dentiste.

Dans quels cas faut-il consulter un dentiste plutôt que de changer de dentifrice ? Dès qu'apparaissent une douleur, une sensibilité qui s'intensifie, une tache suspecte ou une lésion visible sur une dent, un dentifrice ne suffit pas : seul un chirurgien-dentiste peut établir un diagnostic et proposer une prise en charge adaptée.

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