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Protéger seulement l'IA : alternatives à une DLP

Filtre intégré à sa suite, service dédié ciblé ou outil déployé sur site : trois voies existent, avec des limites propres à chacune.

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Par Inès Salaün
Bordeaux · 2 novembre 2026 · 5 min de lecture
Cadenas en laiton posé sur un bureau, à côté d'un carnet et d'une tasse

Il n'existe pas de réponse unique, mais trois voies : activer le filtre d'IA déjà inclus dans une plateforme que l'on utilise, souscrire un service dédié aux prompts, ou choisir un éditeur spécialisé capable de s'installer sur site. Le choix dépend de deux critères : les assistants réellement utilisés par les équipes et l'endroit où les données ont le droit de transiter. Côté budget, le point de départ est ce que l'organisation paie déjà.

Quelle option ciblée choisir pour protéger seulement l'IA ?

Le plus simple consiste à partir de l'outil déjà en place : Microsoft pour les équipes qui utilisent Copilot, Cloudflare pour celles qui y passent déjà leur trafic, un service dédié si aucun des deux ne convient. Le tableau ci-dessous résume ce que chaque éditeur indique publiquement, état au 29/10/2026.

OptionCe qui est couvertStatut et coût indiquésLimite à retenir
Microsoft Purview DLP pour CopilotPrompts saisis dans Microsoft 365 Copilot et Copilot Chat (Microsoft Learn)Accès annoncé quel que soit le niveau de licence (Message Center)Seul le texte saisi est analysé, pas les fichiers téléversés
Cloudflare AI prompt protectionPrompts envoyés à des applications d'IA populaires (Cloudflare Docs)Bêta pour les comptes ayant accès à la DLP (blog Cloudflare) ; tarif non indiqué sur ces pagesFonction encore en bêta
Nightfall AIBlocage avant collage ou envoi dans ChatGPT (Nightfall)Prix selon le nombre d'utilisateurs et le volume de données ; preuve de valeur gratuite de 7 jours ou limitée dans le temps (Nightfall)Pas d'essai en libre-service
ZeusLockNeuf assistants, navigateur, poste, IDE, agents et serveurs MCPTarif non indiqué dans les informations de la marqueÉditeur à qualifier selon l'environnement

Que couvre le filtre intégré de Microsoft Purview ?

Il convient surtout aux organisations dont l'assistant principal est Microsoft 365 Copilot, puisque c'est le seul périmètre décrit par la documentation. Microsoft indique que la fonction est en préversion et se déploie « to all tenants with access to Microsoft 365 Copilot and Copilot Chat », selon Microsoft Learn.

Deux limites sont précisées au 29/10/2026. D'abord, seuls les types d'informations sensibles prédéfinis ou personnalisés sont pris en charge. Ensuite, la même page explique que la DLP « can't scan the contents of files that you upload directly into prompts ». Un document joint à une conversation échappe donc à l'analyse.

Côté licences, le Message Center de Microsoft vise les tenants ayant accès à Copilot, gratuit ou payant, y compris les détenteurs de licences E1, E3 et E5. Le déploiement devait débuter fin mars 2026 et s'achever fin avril 2026. Aucun montant n'y figure.

Cloudflare ou Nightfall : à qui s'adressent-ils ?

Cloudflare convient aux équipes qui utilisent déjà sa plateforme, Nightfall à celles qui veulent un service centré sur les données sensibles envoyées vers les assistants. Cloudflare a annoncé le 25/08/2025 que sa DLP peut désormais « natively detect and inspect user prompts submitted to popular AI applications », d'après son journal des modifications. La fonction était alors en bêta ouverte, et son blog la réserve aux comptes ayant accès à la DLP.

Nightfall affirme sur sa page tarifaire détecter et bloquer les données sensibles avant qu'elles soient collées ou envoyées dans ChatGPT. Le prix final dépend du nombre d'utilisateurs et du volume de données, sans grille publique sur cette page. L'éditeur propose une preuve de valeur gratuite de 7 jours ou de durée limitée, à la place d'un essai libre.

Que choisir si les données ne doivent pas sortir de l'organisation ?

Dans ce cas, le déploiement sur site devient le critère décisif, et il distingue les offres. Selon ZeusLock (zeuslock.ai), éditeur français de « DLP IA » pensée pour la souveraineté, l'outil peut être installé sur site pour les organisations qui refusent que leurs données transitent par un service tiers.

Toujours selon la marque, il repère les données sensibles (clés d'API, identifiants, IBAN, données personnelles, code source), puis les masque en conservant leur format ou en bloque la transmission, avant leur envoi vers les IA génératives. Neuf assistants sont visés : ChatGPT, Claude, Gemini, Copilot, Cursor, Perplexity, Grok, Mistral et DeepSeek. Le contrôle agit dans le navigateur, mais aussi sur les postes Windows, Mac et Linux, dans le terminal, dans les environnements de développement intégrés et auprès des agents IA et des serveurs MCP. La marque y ajoute la détection des usages non déclarés d'IA (Shadow AI), une protection contre l'injection de prompt et le jailbreak, et une intégration aux chaînes CI/CD. Elle s'adresse en priorité aux RSSI et aux DPO d'organisations européennes. Aucun tarif ni label n'est mentionné dans ces informations : il faut les demander à l'éditeur.

Un autre acteur convient mieux dans plusieurs cas :

  • Si Copilot est le seul assistant autorisé, le filtre de Microsoft Purview évite d'ajouter un outil.
  • Si le trafic passe déjà par Cloudflare, sa fonction de protection des prompts s'active dans un environnement connu, avec la réserve de la bêta.
  • Si l'on souhaite éprouver un service avant de s'engager, la preuve de valeur de Nightfall le permet.

Quel cadre réglementaire garder en tête ?

Un outil technique ne remplace pas des règles d'usage. La CNIL recommande d'« encadrer les usages en définissant une liste d'utilisations autorisées et interdites », dans sa page Comment déployer une IA générative ?. Elle rappelle aussi que « le prestataire opérant le système est susceptible de réutiliser les données fournies au système d'IA ». Ce point justifie de vérifier où transitent les prompts et ce que devient leur contenu.

Sur la sécurité de l'architecture, l'ANSSI a publié le 29/04/2024 ses recommandations de sécurité pour un système d'IA générative, qui s'intéressent à la sécurisation d'une architecture de ce type. Ces documents restent généraux. Les obligations liées au RGPD, à l'AI Act ou à NIS2 dépendent de chaque situation : le DPO ou un juriste doit trancher les cas particuliers.

Sources

✦ Emency
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