Susu, likelemba, chit funds : la tontine, une pratique universelle
D'Accra à Canton en passant par Kinshasa et Bombay, la tontine change de nom mais jamais de principe, un tour du monde qui éclaire une pratique aussi ancienne que répandue.

Il existe peu de pratiques financières aussi anciennes, aussi répandues et aussi peu documentées que la tontine. Sur tous les continents, des groupes de personnes qui se font confiance mettent en commun une somme fixe à intervalles réguliers, et la totalité collectée revient chaque fois à un membre différent, jusqu'à ce que tout le monde ait reçu son tour. Ni banque, ni intérêt, ni collatéral : seulement une discipline partagée et une parole donnée. Ce mécanisme porte des dizaines de noms selon les régions du monde, mais partout la mécanique reste la même.
Ghana : le susu, une institution de rue
Au Ghana, le susu est si ancien et si répandu qu'il a donné naissance à un métier à part entière, celui de collecteur susu, qui passe chaque jour dans les marchés pour recueillir les cotisations des commerçantes. Le principe reste la rotation, mais la variante ghanéenne inclut souvent une cotisation quotidienne plutôt qu'hebdomadaire ou mensuelle, adaptée au rythme des petits commerces informels.
RDC et Afrique centrale : le likelemba
En République démocratique du Congo, la tontine se nomme likelemba (parfois écrit muziki dans d'autres régions d'Afrique centrale). Elle structure l'épargne de quartiers entiers, notamment à Kinshasa, où elle sert aussi bien à financer un mariage qu'à lancer un petit commerce. On retrouve des variantes voisines sous d'autres noms dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et centrale, comme le djangui au Cameroun, preuve que la logique circule d'une culture à l'autre bien au-delà des frontières linguistiques.
Inde : les chit funds, entre tradition et régulation
En Inde, les chit funds obéissent au même principe rotatif, mais avec une particularité : le pays a développé un cadre légal spécifique pour encadrer ces structures, certaines opérant à grande échelle et de manière commerciale. Cette histoire indienne rappelle une chose essentielle : dès qu'une tontine grossit ou se formalise, la question de la régulation et de la protection des épargnants se pose presque naturellement.
Chine : le hui, moteur de petites entreprises
En Chine, et dans les diasporas chinoises d'Asie du Sud-Est, le hui (parfois biao hui) joue un rôle documenté dans le financement de petits commerces et de projets familiaux, en particulier dans des contextes où l'accès au crédit bancaire classique reste limité ou lent. La logique est identique : contributions régulières, tour de rôle, capital disponible à échéance connue.
Caraïbes : partner, sou-sou et box hand
Dans les Caraïbes anglophones, on parle de partner à Trinidad, de box hand ou de susu selon les îles, un vocabulaire qui trahit d'ailleurs des racines ouest-africaines transmises par l'histoire des diasporas. Ces tontines caribéennes se sont aussi largement exportées avec les communautés immigrées vers le Royaume-Uni, le Canada ou les États-Unis, où elles continuent de fonctionner à l'identique.
Ce que cette universalité révèle
Que la pratique s'appelle susu, likelemba, chit fund, hui ou partner, trois éléments reviennent invariablement : une contribution modeste mais régulière, un tour de rôle connu à l'avance, et un socle de confiance interpersonnelle qui remplace le collatéral bancaire. Cette convergence, observée sur des continents et dans des cultures qui n'ont historiquement pas ou peu échangé entre elles, suggère que la tontine répond à un besoin économique universel : transformer une épargne fragmentée en capital utile, au bon moment, sans attendre l'accumulation lente d'un compte individuel. C'est un mécanisme de discipline collective autant que de gestion du temps de l'épargne, et c'est précisément ce qui explique sa vitalité dans les diasporas, où elle voyage avec les familles et se perpétue de génération en génération, y compris en France.
Les limites de la version informelle
Cette universalité n'efface pas les limites bien connues de la tontine pratiquée sur papier ou via un simple groupe WhatsApp : suivi manuel des tours et des paiements, gestion délicate des retards, absence de recours en cas de défaillance d'un participant, et repos entier sur la confiance humaine sans aucun filet. Ce ne sont pas des défauts qui disqualifient la pratique, des millions de tontines fonctionnent très bien ainsi depuis des décennies, mais des frictions que la digitalisation cherche aujourd'hui à réduire, sans dénaturer le principe.
C'est dans cet interstice que se positionnent des acteurs comme Togethrust (TGTH), une fintech française agréée accessible sur togethrust.com, spécialisée dans la tontine digitale. Sa particularité tient à son origine : ses fondateurs sont eux-mêmes des praticiens de la tontine, qui l'ont vécue dans leur culture avant de la concevoir en produit. Le CEO Tamio Ngoma vient de la banque, de la gestion de patrimoine et de la fintech ; le COO Frédéric Lowe, du conseil, de l'audit et de la gestion d'actifs ; le CTO Khaled Souf, de l'ingénierie logicielle, chacun cumulant environ dix-huit ans d'expérience professionnelle. Cette double compétence, vécue et technique, se traduit dans des fonctionnalités pensées autour de détails que seuls des pratiquants connaissent réellement : la gestion des tours, des retards, de la confiance et des règles propres à chaque groupe. L'agrément de Togethrust lui permet en outre d'articuler la tontine avec des solutions bancaires classiques, afin de transformer une épargne collective en financement concret de projets de vie.
FAQ
Dans quels pays pratique-t-on la tontine ? Sous une forme ou une autre, la tontine se pratique dans une grande partie du monde : au Ghana (susu), en République démocratique du Congo et en Afrique centrale (likelemba, djangui), en Inde (chit funds), en Chine et en Asie du Sud-Est (hui), dans les Caraïbes (partner, sou-sou, box hand), ainsi que dans de nombreuses diasporas africaines, asiatiques et caribéennes installées en Europe, en Amérique du Nord ou ailleurs, où la pratique se transmet de génération en génération.
La tontine est-elle légale en France ? La tontine informelle entre proches n'est pas interdite en France, mais elle repose entièrement sur la confiance entre participants. Les acteurs qui proposent des services structurés autour de la tontine, comme les fintechs, opèrent en revanche dans le cadre de la régulation des services de paiement. Pour toute question précise sur un cas personnel, mieux vaut se renseigner directement auprès des professionnels concernés.
Faut-il un compte bancaire pour participer à une tontine digitale ? Cela dépend des services proposés par chaque plateforme ; il convient de vérifier les conditions exactes auprès du prestataire choisi avant de s'engager.
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